L’Amour extra large
(Shallow Hal)
Film américain
des frères Farrelly.
2001. 1h54.

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Avec Shallow Hal
les frères Farelly semblent avoir conçu l’idée saugrenue que pour être
d’authentiques cinéastes il fallait émouvoir les foules à coup de bons
sentiments. Hélas ces deux là ne sont bons que quand ils sont cruels et
l’amour scatologique et contrarié des héros de Fous de d’Irène était de
loin plus touchant et plus drôle que cette bluette. Film divertissant,
Shallow Hal n’ennuie pas tant par son manque de profondeur que par son
hypocrisie commode : un pauvre type tombe amoureux d’une obèse au grand cœur
mais coup du sort (littéralement) il la voit sous les traits de Gwyneth
Paltrow (la beauté intérieure comme régime beauté, pensez-y mesdames). C’est
pratique quand même, quand on fait un film provocateur mais grand public,
d’avoir une héroïne en théorie grosse et moche mais en fait mince et belle…
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On
aurait vraiment aimé aimer cette Annie-Mary, tellement le cinéma manque de
premier rôles féminins atypiques. Rachel Griffith est une actrice épatante,
les paysages Gallois sont beaux et surprenants, et le film est bercé de folie
douce et de musique classique, jusque là tout va bien. Reste l’histoire
pesamment mélodramatique : Annie-Mary a 30 ans ; fofolle un peu simple
d’esprit, elle est coincée avec son père acariâtre depuis la mort de sa mère
15 ans plus tôt, mettant ainsi fin à sa carrière bourgeonnante de cantatrice,
sacrifiant sa vie et son talent. Cœurs sensibles, rassurez vous, après maints
face à face tire-larmes entrecoupés de gags répétitifs tout fini par du chant.
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Annie-Mary à la folie ! (Very Annie Mary)
Film britannique de Sara Sugarman.
2001. 1h45.

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Bridget
Film américain de Amos Kollek.
2001. 1h30.

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Amos Kollek est
un cinéaste obsessionnel qui de Sue perdue dans Manhattan à Queenie
in Love brasse toujours les mêmes thèmes et les mêmes personnages de
marginaux en quête d’amour aux prises avec les dures réalités de l’existence.
Ces réalités sont plus ou moins rudes et l’amour est plus ou moins au
rendez-vous, tout est dans le dosage qui donne sa tonalité douce-amère au
film. Le problème avec Bridget c’est que le cocktail ne passe pas. On imagine
que l’idée était d’opposer le passé de Bridget, violent, sordide, terrible, à
sa nouvelle existence digne d’un conte de fée. Mais le contraste est trop
violent et à force de retournements de situation invraisemblance le spectateur
perd tout intérêt pour l’histoire. Heureusement qu’il y a Anna Thomson,
comédienne incroyable de justesse et de présence, aussi crédible en danseuse
de peep show humiliée qu’en caissière de supermarché triomphante, elle est la
seule raison de voir le film.
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In
the bedroom
est arrivé en France avec un label « film indépendant US » qui ne lui
correspond que très peu tant sa force se situe dans son classicisme. La
cinéaste photographe de formation nous gratifie de cadrages et d’une
photographie soignés qui rendent justice à la beauté des paysages de
Nouvelle-Angleterre, il n’y a pas d’autre musique que les chants folkloriques
interprétés par la chorale que l’on voit répéter dans le film et le scénario
repose sur des numéros d’acteurs plutôt bien maîtrisés (Tom Wilkinson et Sissy
Spacek). On aurait apprécié autant de sobriété dans l’histoire. Là, Field nous
offre deux mélos pour le prix d’un et obtient un film à la fois trop long et
trop court où la deuxième partie vient décevoir tous les espoirs qu’avait pu
susciter la première.
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In the bedroom
Film américain de Todd Field.
2001. 2h11.

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The Majestic
Film américain de Frank Darabont.
2001. 2h32

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Film ambitieux à
plus d’un titre, The Majestic échoue sur tous les plans. Celui de la mise en
scène, qui use et abuse de couleurs saturées, et souligne les moments forts à
grands coups d’une bande son tonitruante. Le scénario a les yeux plus gros que
le ventre et contient suffisamment de thématiques fortes pour nourrir quatre à
cinq films. Soit par ordre d’apparition à l’écran : la chasse aux sorcières à
Hollywood, un homme amnésique pris pour un autre (et l’histoire d’amour qui
s’ensuit), les cicatrices de la Seconde Guerre mondiale dans une petite ville
qui a perdu presque tous ses fils, et la magie du cinéma (Le Magestic étant le
nom d’une salle). On a ainsi droit à une anthologie de toutes les scènes de
genre imaginables : c’est un peu comme visiter un musée, sauf qu’on
préfèrerait voir les originaux. Le tout est traité avec une mièvrerie telle
qu’au bout des 2h32, on a l’impression d’avoir fait une indigestion de lait
concentré sucré. Quant à Jim Carrey, il nous a amusé en pitre et touché en
comique décalé (Man on the moon) et c’est à regret que l’on constate qu’il est
parfaitement inintéressant quand il joue un type ordinaire (voir Eternal
Sunshine of the Spotless Mind).
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La réalisatrice
transpose de nos jours un texte autobiographique d’Italo Svevo sur sa jeunesse
(à la fin du 19e siècle). Pourtant le film reste très daté et
littéraire au sens empesé et référentiel du terme. Zeno est un personnage à la
Raskolnikov, grand indécis enfermé seul chez lui à traduire des romans, il
parle couramment russe et, pour rester dans l’ambiance, l’un des personnages
féminins joue Les Trois sœurs de Tchekhov. L’histoire évolue de bout en
bout en terrain balisé : Zeno rencontre 4 sœurs, les filles de son mentor,
l’aînée représente tout ce qu’il admire, tout ce qu’il n’est pas, il en tombe
follement amoureux, la seconde est son alter ego et le séduit également, la
troisième lui semble bien inintéressante ; quant à la cadette c’est une petite
chipie de 10 ans qui n’a pas sa langue dans sa poche. Restent un charme un peu
désuet, Rome la nuit, la pluie et la valse hésitation du héros qui nous
bercent doucement.
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Les Mots de mon
père
(Zeno le parole di mio padre)
Film français, italien de Francesca Comencini.
2001. 1h25.

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Les Petites couleurs
Film suisse de Patricia Plattner.
2001. 1h30.

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Christelle,
coiffeuse et femme battue de son état, reçoit un jour la torgnole de trop,
assomme son mari et prend ses jambes à son cou. Elle trouve refuge dans un
motel miteux en bordure d’autoroute qui va bien sûr révéler toute une galerie
de personnages au cœur d’or, plus pittoresques les uns que les autres. On fait
connaissance avec la tenancière chaleureuse, le routier sympa et le slave
mystérieux, Vladimir - pour l’insolite et pour le suspense, parce que
l’héroïne ne peut quand même pas tomber immédiatement dans les bras du
camionneur, sinon ça serait fini tout de suite. La réalisatrice enfile les
clichés avec une bonne humeur assez communicative. Dommage qu’elle ne laisse
pas libre cours à ses penchants les plus fantasques, comme cet improbable
feuilleton télévisuel musical, « Le ranch de l’amour », seul élément inattendu
et véritablement hors normes du film.
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Tiré d’une
histoire vraie, ce film relate l’affrontement entre deux hommes présentés sous
un jour particulièrement caricatural. D’un côté, le militaire américain
inculte et matérialiste qui incarne la bonne conscience d’une Amérique sûre de
son bon droit qui vient faire le ménage dans une Allemagne qui serait jusque
dans chacun de ses habitants le mal incarné. De l’autre, un grand chef
d’orchestre allemand convaincu que l’art et la politique sont si étanchement
séparés qu’en continuant d’exercer sous et pour le régime nazi il ne s’en fait
pas le porte drapeau mais qu’il sauve l’âme allemande. La force du film est
paradoxalement dans la raideur de ces caricatures : les deux hommes se font
face sans céder un pouce de terrain, statut pédestre de l’éternel combat entre
l’artiste et le philistin. Le spectateur n’est pas tant sommé de « prendre
parti » que de s’interroger : l’art fait-il le poids face à l’horreur des
camps ? Doit-on quitter son pays quand celui-ci est aux mains des fascistes ?
De la belle rhétorique, dommage qu’elle vampirise complètement l’action et
qu’il en résulte une succession de confrontations théâtrales.
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Taking sides, le
cas Fürtwangler
(Taking sides)
Film allemand, hongrois, français de Istvan
Szabo.
2001.
1h
45.

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