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Les 100 mots : septembre 2004
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De l’amour : cinq flashes backs sur la vie d’un couple « ordinaire » (hétérosexuel, classe moyenne) pour prouver que son sale petit bonheur était rongé de l’intérieur dès leur rencontre sur la plage d’un quelconque lieu de villégiature pour néo-beaufs. Croyant peut-être signer une satire du politiquement correct, Ozon est happé par la banalité qu’il croque, n’ayant rien à y substituer.
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Excellent film noir où Mitchum, la nonchalance de Mitchum, et le côté sharp de Jean Simmons fonctionnent à merveille. Ambulancier, Mitchum sauve la vie d’une femme victime « d’accident » au gaz ; la belle-fille de cette femme, Diane, jette son dévolu sur lui. A partir de là, tout roule : la voiture, de course ou décapotable, viendra forcément terminer sa course en mille morceaux.
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Chronique d’un changement : comment Emily, qui perd son amant rockstar mort d’une overdose un soir de dispute, parviendra-t-elle à reconquérir son fils de huit ans, à retrouver une vie « clean » pour en avoir la garde et la confiance ? On sera soit happé par ce portrait de femme assez émouvant (et qui a valu un prix à l’actrice principale), soit tout de suite désintéressé par la pauvreté de l’intrigue. La clé pour échapper à l’impression-téléfilm : observer la façon dont tous les autres personnages, intentionnellement ou non, mettent des bâtons dans les roues à une marginale qui veut rejoindre le centre. De Clean comme match de foot… |
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Circulez, y a rien à voir : dans les années cinquante, Ernesto Guevara se balade en moto avec son pote étudiant en médecine comme lui, histoire de sonder les malheurs de son continent natal et de se forger une santé de futur « Che ». Non seulement feu le Che est mis à toutes les sauces sur les T.Shirts, mais le voici portraituré en mâle sexy et gentillet (même son asthme fait rêver) par le nouveau toy boy sud-américain, Gael Garcia Bernal. Jolie carte postale qui fait passer le temps… |
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Le choc de cette
rentrée cinématographique : un traitement du son décapant, une étrangeté
parfois insoutenable, pour un film mystérieux que Cinefeuille classe dans la
catégorie des « films coupés en deux » (Mulholland Drive en tête).
L’histoire d’Ismaël, rentrant d’Algérie parce qu’il y vivait menacé, ne
rencontrera pas (ou alors on a manqué quelque chose) celle de la famille
d’agriculteurs réunie pour l’enterrement du jeune fils. On préférait peut-être
la plus grande lisibilité de Disneyland, mon vieux pays natal, mais on
se jure de retourner voir Adieu – un jour de grande forme, tout de
même. |
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On aurait bien
voulu être happé par le mystère d’Ordo, ce marin d’origine grecque qui débite
en voix-off sa biographie avec une maladresse calculée, taillée à la mesure du
corps massif de Roschdy Zem. Il a été marié six mois à une jeune fille, qui
soudain réapparaît vingt ans plus tard, métamorphosée, devenue star, certes de
petit calibre mais suffisamment riche pour l’inviter dans sa villa, le
débaucher de la marine, le séduire comme s’ils ne s’étaient jamais connus.
Deux femmes qui n’en font qu’une, un homme qui scrute sans relâche un corps
qu’il croyait connaître… Pourquoi pas, il y a bien eu Vertigo. Mais au
royaume de la psychologie, le cinéma a disparu, comme englouti dans le siphon
de la piscine de la star, l’été fini. |
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Mise en abyme :
Laetitia Masson, la réalisatrice de En avoir ou pas et de
La
Repentie, adapte à l’écran le livre de Christine Angot – une amie –
Pourquoi le Brésil. Les bribes du film imaginé (et de fait, tourné)
alternent avec des morceaux semi-autobiographiques où la caution du « je » de
la réalisatrice voudrait justifier la pauvreté de la proposition esthétique.
Constat d’échec que Masson tente vainement de retourner dialectiquement en
réussite au second degré. Non sans doute que le livre soit inadaptable ; c’est
plutôt la tentative d'adaptation qui est inadaptée. Le chantier a beau se faire spectacle, le
« (pas) » du titre du film triomphe. |
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La
Femme de Gilles
tient
malheureusement dans la chanson de Piaf qu’entonne son générique, C’est mon
homme. Soit donc, ladite « femme » qui aime son butor de mari, un Clovis
Cornillac clone de Gabin, puisque nous sommes dans le milieu ouvrier des
années trente. Mais Fonteyne nous signifie assez clairement ceci : armé de
deux co-scénaristes, il n’a que faire d’adapter paresseusement, avec quelques
« touches d’époque », le roman dont il s’inspire, non : il a des prétentions à
une sensualité forte, le mari revient du boulot, fait l’amour à sa femme,
éjacule trop tôt. Puissance de la libido masculine, égoïsme de celle-ci,
acceptation de la femme qui, la pauvresse, prend ce qu’on lui donne… Tout est
dit : c’est son homme. Reste à dérouler le fil laborieux de l’adultère avec la
jeune et jolie sœur. Le « scandale » du film tiendrait dans la patience de la
femme trompée, persuadée, à raison, qu’elle récupèrera son homme quand il en
aura fini avec sa sœur. Mais ce portrait admiratif de mater dolorosa
laisse un arrière-goût d’Aurore naphtalinisée. |
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Il faut l’avouer : depuis qu’on l’a vu à Cannes, on a totalement oublié Comme une image, et même jusqu’à son scénario, pourtant primé. Des personnages très barco-jaouiens (petits bourgeois mesquins mais tellement attendrissants puisque le spectateur pavlovien est censé s’identifier à eux) s’agitent autour de leur fille, une ado un peu enrobée qui chante très bien Monteverdi mais se sent ignorée par ses progéniteurs divorcés. Avertissement : Il est fortement conseillé de glaner ci et là un dialogue plus ou moins bien troussé pour s’arracher un rictus, histoire de ne pas mourir d’ennui. |
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Un biopic de la pire espèce : grandiloquent, risible, illustratif, mal dirigé... Il s’agit en fait d’un ramassis de bons mots (« le futur de l’art est dans le visage d’une femme ») et d’anecdotes graveleuses. Ici, Gertrud Stein est grimée en grosse vache vulgaire, Picasso en non moins gros méchant, le tout sur fond d’Ave Maria remixé en R&B. Les amateurs de second degré involontaire goûteront le décor parisien vintage 1919 et les accents mélangés pour cause de coproduction. Promis, on s’offre dès qu’on peut l’intégrale Pialat en DVd pour se replonger dans son Van Gogh… |
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