ALIAS

Family plot. «Alias» renoue avec les schémas de la guerre froide. Où la forme intrigue plus que le fond.

 Fille de James Bond et petite sœur de Nikita, Sydney Bristow (alias Jennifer Garner) est étudiante le jour, espionne la nuit. Engagée au début de ses études par le SD-6, une branche secrète de la CIA, elle court la planète pour affronter les ennemis de la liberté – entendre: des États-Unis. Cependant, dans le monde de l'espionnage, rien n'est simple. Le jour où elle décide d'avouer à son fiancé sa double vie, elle brise la loi du silence et le condamne à mort aussi sec. Son père, lui aussi élément du SD-6, lui révèlera la vérité: ce service secret ne travaille pas pour le gouvernement, c'est l'ennemi même qu'elle croyait combattre. Pour venger le meurtre de son ami, elle propose à la CIA de devenir agent double afin de mettre un terme aux agissements de l'agence.

Cette amorce de l'intrigue principale nous replonge tout droit dans les affres de la guerre froide. L'ennemi est partout, ici et là, autant intérieur qu'extérieur. Malgré ses doutes (pour qui travaille vraiment son père?) et ses souffrances (elle encaisse pas mal de coups), Alias (qui doit son surnom aux nombreuses identités qu'elle emprunte) s'embarque dans une multitude d'aventures, jusqu'à trois par épisode, avec une étonnante pugnacité et pour tout dire l'énergie du désespoir. Chacune des histoires se termine par un cliffhanger, autrement dit au plus fort de l'action et du suspense. Il y a du Le Carré dans tout ça, revu et édulcoré par John Woo. Rien de bien nouveau, sinon un syndrome post-11 septembre qu'il faudra tôt ou tard homologuer.

 

Ce qui fait le prix de cette série, au-delà du renouvellement du genre et par-delà les états d'âme de la protagoniste, jeune surdouée qui donnerait du fil à retordre à 007, c'est la complexité du récit qui n'hésite pas, d'ellipses en raccourcis, à malmener la sacro-sainte chronologie, à mener de front plusieurs actions et à construire l'histoire à rebours grâce à un jeu savant de flashs back. Les éléments récurrents de chaque épisode (réunions, missions, etc.) changent de tonalité au gré des rapports de force, des retournements de situation et des révélations successives. De fait, ce qui passionne ici ce sont moins les missions elles-mêmes que les relations qui se tissent autour de Sydney. Les scénaristes jouent avec nos nerfs et, malgré la froideur du personnage, on en redemande.

Bertrand Bacqué

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Date de 1ère diffusion (US)
Date de la dernière diffusion
Durée
Network

 Septembre 2001
 Juin 2006
 60 min
 ABC
 

Créateur(s)
Producteur(s) exécutif(s)

  J.J. Abrams
  John Eisendrath, J.J. Abrams, Ken Olin
 

Avec

Jennifer Garner, Michael Vartan, Victor Garber, Ron Rifkin, Bradley Cooper, Carl Lumbly, Merrin Dungey, David Anders, Lena Olin