ALLY McBEAL

Après cinq saisons de bons et loyaux services, Me McBeal tire sa révérence. Ce n'est qu'un au revoir, mes frères…

C'était l'une des séries phares des années quatre-vingt-dix. Elle résonne désormais comme un écho lointain aux insouciantes années Clinton. On aimait le personnage interprété par Calista Flockhart pour ses névroses de trentenaire en quête d'un inaccessible amour, et la galerie de doux dingues qui l'accompagnaient. Avec John Cage (Peter MacNicol), le véritable ami aux hilarantes facéties – ses plaidoiries inspirées valaient le détour – et Richard Fish (Greg Germann) – qui ne pensait qu'au sexe et à l'argent –, ils formaient un trio de choc autour duquel gravitaient une foule de lunatiques capable de tout… et de son contraire.

            C'est peu dire que nous sommes désormais orphelins d'une famille à nulle autre pareille. Certes, la série ne s'était pas remise du départ de Larry Paul (Robert Downey Jr.), et le pâle Victor Morisson (le rockeur Jon Bon Jovi n'a malheureusement rien du chanteur des Doors) n'était guère à même de le remplacer dans le cœur d'Ally. À croire que David E. Kelley, le maître d'œuvre d'«Ally McBeal», mais aussi de «The Practice», «Chicago Hope», et plus récemment de «Boston Public», a lentement mais sûrement sabordé le navire. Les signes annonciateurs ne manquaient certes pas: outre le déclin en termes d'audience, les départs successifs ou les congés répétés, les avalanches de guest stars en fin de saison auguraient du pire.

            N'empêche que l'on regrettera longtemps les plaidoiries hors normes des uns et des autres, les dialogues tordants, le montage nerveux, les morphings inattendus renvoyant aux dessins animés de Tex Avery (de moins en moins nombreux, il est vrai, les saisons se succédant), et surtout les géniaux entrelacs entre vie privée, vie de bureau et vie au barreau! Car là est la touche Kelley: entrelacer drame et comédie, rires et larmes, retrouvant ainsi le sel des comédies américaines signées Lubitsch, Cukor ou Wilder. Avec ce petit plus propre à la télévision: cette capacité unique de faire évoluer les caractères, d'année en année, pour le meilleur ou pour le pire… Comme dans le cas d'Ally qui, au cours de cette dernière saison, est carrément devenue antipathique!

            Pour se consoler, restent deux possibilités: des rediffusions partielles et aléatoires ne reflétant guère l'évolution des personnages, ou le carottage judicieux autorisé par le DVD – avec en particulier un faible pour la quatrième saison, celle avec Larry.

Bertrand Bacqué

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Date de 1ère diffusion (US)
Date de la dernière diffusion
Durée
Network

 Septembre 1997
 Mai 2002
 60 min
 FOX

 

Créateur(s)
Producteur(s) exécutif(s)

 David E. Kelley

Avec

Calista Flockhart, Gil Bellows,  Peter MacNicol, Greg Germann, Jane Krakowski, Portia de Rossi, Lucy Liu, Courtney Thorne-Smith