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L'ANGLAIS (THE LIMEY)

Artisan Pictures, 1999, USA. 1h29. Réal Steven Soderbergh. Sc Lem Dobbs. Prod
John Hardy, Scott Kramer. Phot Ed Lachman. Mont Sarah Flack. Décor Kathryn
Peters, Gary Frutkoff. Mus Cliff Martinez. Son Jim Webb. Effets sp Kevin
Hanngan. Cost Louise Frogley. Maquillage Rick Sharp. Avec Terence Stamp
(Wilson), Lesley Ann Warren (Elaine), Luis Guzmán (Ed), Barry, Peter Fonda (Terry
Valentine), Barry Newman (Avery), Joe Dallesandro (Uncle John), Nicky Katt (Stacy),
Amelia Heinle (Adhara), Melissa George (Jennifer). |
The Limey joue
des rapports entre surface et fond, et ce, de manière appuyée : le luxe
poli de la villa hollywoodienne contre la hauteur de la colline où elle
trône et d’où Wilson (Terence Stamp) précipitera un garde du corps de Terry
Valentine (P. Fonda) ; les longs et beaux gros plans du visage de Stamp
dans l’avion, en route ou de retour vers sa vengeance, entrecoupés de
souvenirs de sa fillette assassinée. L’intérêt est le travail sur le passé
des acteurs eux-mêmes, Fonda et Stamp (des images à gros grain montrent ce
dernier, beaucoup plus jeune, dans une confusion troublante mais facile
entre acteur et personnage). Ce passé hors fiction réapparaît par bribes
dans les dialogues : " c’étaient les sixties "..., lâche Terry en brossant
coquettement les cheveux qui lui restent et en se curant les dents.
Pourtant, il ne parvient pas à se relier au souvenir en tant qu’il est
thématisé dans le film, dans les réminiscences de sa fille qui apparaissent
à Wilson par un montage jouant un peu trop des superpositions et de la
répétition. De même que, devant sa midinette, Terry Valentine ne peut que
ressasser " God you’re beautiful " tandis que la caméra, redondante, nous
montre précisément la beauté de la jeune fille, le spectateur est contraint
de penser " God he’s good " devant le visage crispé et magnifique de Stamp,
et " God, he’s English " devant son numéro d’Anglais saturé d’expressions
idiomatiques et de glottal stops. L’intelligence de l’acteur est
d’introduire dans ses petits laïus made-in-Britain une distance qui laisse
croire que c’est le personnage lui-même qui joue à l’Anglais.
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Mais le film suit son cours, avec son intrigue de genre,
similaire à celle de Jackie Brown finalement, frôlant le Tarantino (les
dialogues stupides des gardes du corps, l’innocent bon sens du tueur à
gages, la réception huppée chez Terry). Un drôle de bric-à-brac en somme,
où le psychologisme le dispute à la mode du film de gangsters (Larry Clark
s’y est récemment essayé lui aussi), et où la biographie des acteurs
demeure hélas une bombe potentielle désamorcée par un scénario qui n’ose
pas aller au bout de son inexistence et nous signifier de lui-même qu’il
n’est pas l’essentiel. Reste le visage de Stamp, de retour vers son île à
la fin du film, ayant tué tout le monde sauf l’assassin et ex-amant de sa
fille : il sait désormais que Terry est son double, un double en simili
toc : sa doublure américaine.
Charlotte Garson
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Ocean's Eleven de
Steven Soderbergh.
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