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Alors qu’il filme l’arrestation
d’un Palestinien, un Israélien lui lance « Pourquoi vous ne filmiez pas
quand ils jetaient des pierres ? ». En fait de violence, il est surtout
pris à parti en tant que caméraman fouineur (« Et si ça sort dans
Playboy ? Et si vous vous enrichissez sur mon dos ? s’inquiète un badaud ;
– C’est précisément mon intention. J’ai vu que vous étiez une étoile
montante… »). Mograbi ne peut obtenir l’autorisation de filmer
l’interrogatoire de la femme de l’auteur présumé du massacre d’Hébron,
Baruch Goldstein ? Qu’importe, il engage des actrices et leur fait passer
des bouts d’essai avant de s’attribuer le rôle – un cheminement déceptif
qui fait réfléchir sur l’authenticité de tout témoignage. Balayées par les
événements récents en Israël, les frictions qu’il documente au jour le
jour paraissent aujourd’hui anodines, et l’entreprise de Mograbi mêlant
fiction autobiographique drolatique et documentaire, peut sembler à la
limite du dérisoire. Reste l’interrogation à la première personne d’un
homme qui n’oublie jamais que son quotidien est, volens nolens, toujours
politique, et un style poil-à-gratter aussi fouillis que Michael Moore
mais immensément moins complaisant. Copyright Cinefeuille www.cinefeuille.org. Tous droits de reproduction même partiels réservés. |