
Russie. 2002. 1 h 36. Prod : Andrei Deriabine. Réal : Alexandre Sokourov. Sc
: Anatoli Nikiforov, Alexandre Sokourov
Dialogues : Boris Khaimski, Svetlana Proskourina, Alexandre Sokourov. Décors
: Elena Joukova, Natalia Kotchergina. Costumes : Lidia Krioukova, Tamara
Seferian, Maria Grichanova Musique interprétée par : l'Orchestre du Théâtre
Mariinsky. Avec : Serguei Dreiden (L'étranger), Maria Kouznetsova (CatherineII)
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C'est un beau
projet, deux beaux projets, de vouloir filmer l'histoire à travers un
musée, et de vouloir faire un film en un plan-séquence. Cette prouesse
technique, qui doit beaucoup à son chef opérateur sportif, l'Allemand
Tilman Büttner, rappelle La Corde d'Hitchcock qui jouait sur le temps
continu pour créer du suspense (temps truqué dans le film d'Hitchcock,
réellement en continu ici grâce à de nouvelles techniques). Au contraire,
la durée de la visite est réelle mais s'étend sur des époques différentes.
C'est là que les deux projets se rejoignent - et plutôt bien : à travers
les objets, les œuvres d'art et le lieu, Sokourov offre une vision
transversale de l'histoire. L'Arche russe est donc un film-concept comme on
en a quelques-uns uns chaque année (de Time Code de Mike Figgis à
Ten de Kiarostami).
Mais à l'intérieur de cette proposition, Sokourov a injecté une fiction -
enfin presque. Du 18ème siècle à nos jours, un diplomate français du 19ème
siècle et un réalisateur russe contemporain, qui restera toujours derrière
sa caméra, visitent le musée. C'est à travers leurs regards divergents que
nous voyons le petit monde de Saint-Pétersbourg papillonner. Il n'y a pas
de personnages, il n'y a que des figures. Et la fiction ne prend pas :
impossible des croire à ces êtres, parce qu'ils sont artificiels,
caricaturaux, sans âme. Le plan séquence au lieu de leur donner plus de
vérité, les transforme en fantoches qui profèrent des banalités sur le
temps et l'histoire.
On ne peut dès lors s'accrocher qu'au musée lui-même. Le film devient une
visite, comme il existe des Cd-Rom du Louvre, il y a L'Arche russe de
Sokourov. On voit beaucoup de beaux objets, quelques tableaux dont
l'approche de la caméra transforme les perspectives, ce qui donne lieu à
quelques plans intéressants. Rien de plus.
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