Amos Kollek est
un cinéaste obsessionnel qui de Sue perdue dans Manhattan à Queenie
in Love brasse toujours les mêmes thèmes et les mêmes personnages de
marginaux en quête d’amour aux prises avec les dures réalités de l’existence.
Ces réalités sont plus ou moins rudes et l’amour est plus ou moins au
rendez-vous, tout est dans le dosage qui donne sa tonalité douce-amère au
film. Le problème avec Bridget c’est que le cocktail ne passe pas. On imagine
que l’idée était d’opposer le passé de Bridget, violent, sordide, terrible, à
sa nouvelle existence digne d’un conte de fée. Mais le contraste est trop
violent et à force de retournements de situation invraisemblance le spectateur
perd tout intérêt pour l’histoire. Heureusement qu’il y a Anna Thomson,
comédienne incroyable de justesse et de présence, aussi crédible en danseuse
de peep show humiliée qu’en caissière de supermarché triomphante, elle est la
seule raison de voir le film.
MP
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