
France, 2004. Prod Mallia Films/Sombrero Productions. Scénar Faucher, Gaëlle
Marcé. Phot Pierre Cottereau. Mus Michel Galassot. Avec Lola Neymark, Ariane
Ascaride, Marie Félix, Thomas Laroppe. Durée : 1 h 28. Sortie le 13 octobre
2004.
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La broderie,
activité à la fois exigeante et désuète, modeste et miraculeuse (la
patience y fait merveille) : la métaphore qui fait de cet ouvrage de dames
le terrain d’une transmission entre générations fonctionne plutôt bien dans
le premier film d’Eléonore Faucher. Claire (Lola Neymark), jeune fille
habitée par la peur d’une grossesse qu’elle n’a pas désirée, devient
l’assistante d’une cinquantenaire (Ariane Ascaride) hantée, elle, par le
fils qu’elle a perdu. Au début, les allers-retours entre la vie « hors-broderie »
de Claire, fille de cultivateurs, et le havre de concentration que lui
offre la grande maison bourgeoise de sa patronne donnent lieu à une
réjouissante circulation. Les choux volés dans le champ des parents
permettent par exemple d’acquérir des peaux de lapin. Mais le soin
méticuleux apporté au cadre et aux couleurs épouse avec une adéquation un
peu trop parfaite l’évolution du lien tissé de plan en plan entre les deux
femmes. Leur évolution en miroir (l’une a perdu un fils, l’autre en attend
un sans l’avoir désiré) multiplie les échos, aboutissant à une
surscénarisation dommageable ; même chose pour la photographie, un peu trop
friande de coordination parfaite des couleurs (les cheveux roux de la jeune
fille, le vert ou le bleu de ses tenues) sur le fond grisâtre d’Angoulême
la blême. Cousu main, Brodeuses prône tant la rédemption par l’artisanat
d’une vie provinciale forcément blafarde qu’il est rattrapé par l’innocuité
de sa « belle ouvrage ».
Charlotte
Garson
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