BUFFY the Vampire Slayer

 

Au fond, Buffy, c'est la petite sœur d'Ally. Mais là où tout tournait à la rigolade, ici tout tourne au drame. Du difficile métier de devenir adulte !

 

En 1992 sort un mauvais film pour ado comme Hollywood en produit à la chaîne : Buffy the Vampire Slayer réalisé par Fran Rubel Kuzui. Mécontent du résultat, le scénariste du film, Joss Whedon, lance en 1997 la série éponyme qui connaît le succès que l'on sait. L'histoire est – relativement – simple. Buffy Summers, incarnée à la télé par la pétillante Sarah Michelle Gellar, combat les monstres qui débarquent à Sunnydale, véritable bouche des enfers, armée de ses petits poings et soutenue par une foule de complices dont pas mal de vampires repentis. Parmi eux Angel, l'ex-fiancé neurasthénique qui aura droit à sa série dérivée, Spike, l'amoureux éconduit, mais aussi les camarades d'école tels Alex ou Willow, l'apprentie sorcière, et Giles, le père d'adoption érudit.

Mais l'intérêt de la série réside moins dans des combats spectaculaires – Hong Kong n'a qu'à bien se tenir – que dans les relations entre les personnages et les véritables romans d'apprentissage qui se tissent là. Car, bien entendu, pas besoin d'être Freud pour comprendre que les vampires symbolisent les peurs de l'adolescence, la peur de l'autre ou de la sexualité. De fait, «Buffy» nous livre une véritable radiographie de la famille américaine, famille forcément recomposée, avec une petite sœur qui surgit de nulle part et un père de substitution. Si Sunnydale est un gigantesque champ de bataille, c'est que les sentiments adolescents sont un véritable bourbier et que les monstres sont la meilleure façon de figurer les pulsions plus ou moins maîtrisées des protagonistes.

Pour corser le tout, la dernière saison a passablement compliqué la donne. Il s'agit pour Buffy de travailler et d'étudier, ce qui est quasi impossible pour toute personne normalement constituée, de surveiller la petite sœur, de pallier la disparition de la mère et la lente mais sûre évaporation de Giles. De repousser enfin les assauts répétés d'un Spike qui mène par le bout du nez Buffy, devenue dépendante d'une relation strictement sexuelle, à l'instar de Willow désormais accro à la magie, comme on l'est à une drogue dure. Cela donnera lieu à des scènes particulièrement violentes plus dignes du Bergman des années soixante-dix que d'un film pour ados. Alors, «Buffy contre les vampires», une série pour jeunes boutonneux ? Permettez-moi d'en douter !

 

Bertrand Bacqué

 

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Date de 1ère diffusion (US)
Date de la dernière diffusion
Durée
Network

Mars 1997
 
Mai 2003
 
60 min
 WB puis UPN (saison 6)
 

Créateur(s)
Producteur(s) exécutif(s)

 Joss Whedon
 J. Whedon, Marti Noxon, David Greenwalt
 

Avec

Sarah Michelle Gellar, Nicholas Brendon, Alyson Hannigan, David Boreanaz, James Masters, Anthony Stewart Head, Emma Caulfield