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Ce schématisme sans faille rend le film prévisible et c'est par le biais d'une mise en scène qui n'épargne rien au spectateur (en particulier pas la scène de meurtre ni celle de pendaison ) que Lars von Trier s'efforce de provoquer l'émotion. Là où Beth s'évadait dans la foi, Selma a pour horizon l'univers des comédies musicales (là encore le scénario apparaît comme plus concret) qui lui font oublier la réalité. Les scènes dansées et chantées qui parsèment le film sont cruciales dans la mesure où le réalisateur affecte d'adopter le point de vue de son héroïne ; elles devraient permettre si on suit le parallèle tracé avec Breaking the Waves de visualiser la dimension transcendante du personnage qui la sauve de son statut de misérable mortelle. Or ces séquences sont aussi dépourvues de vie que de fantaisie. Des danseurs et des danseuses calibrés accomplissent à la perfection des chorégraphies sans âme avec un sérieux qui laisse perplexe : on a vraiment l'impression que la danse joue un rôle de pure figuration face à la musique seule porteuse de joie et de libération (serait-ce parce que Björk n'a pas l'air de savoir danser ?). Selma chante donc son émerveillement encerclée d'automates, d'hommes machines, la démultiplication des angles de vue (on ne saurait parler de point de vue) ne donnant pas vie à cet ensemble mais bien plutôt une impression de fouillis inextricable. Que les rêves de Selma soient confus on le conçoit, mais qu'ils soient si fades… Monique Pujol Lire aussi notre critique de Dogville de Lars von Trier. Copyright Cinefeuille www.cinefeuille.org. Tous droits de reproduction même partiels réservés. |