
France/GB/Italie, 2001. Réal Michel Blanc. Sc Blanc et Joseph Connolly
d’après son roman. Im Sean Bobbitt. Mont Marilyn Monthieux. Mus Mark Russell.
Avec Charlotte Rampling, Jacques Dutronc, Karin Viard, Denis Podalydès,
Carole Bouquet, Michel Blanc, Clotilde Coureau, Sami Bouajila, Lou Doillon.
1h43
 |
La
nouvelle comédie de Michel Blanc correspond au modèle circulaire de son
titre, qui confirmerait l’affirmation de Beaumarchais qu’en France, « tout
finit par des chansons » : une ronde donc, non pas tendue comme chez
Ophuls, tragique, mais bien plutôt, « un petit tour et puis s’en vont ».
Les personnages, bourgeois ou prolétaires de 30 à 60 ans (une brochette de
comédiens sans lesquels personne ne se déplacerait, vu la minceur du
scénario), vont passer des vacances au Touquet. Le mode de vie des plus
riches (le couple Dutronc-Rampling) est imité tant bien que mal par les
plus pauvres (Viard-Podalydès) qui prétendent avoir loué un gîte mais
s’entassent dans un lotissement de cubes préfabriqués. C’est sur cette
différence de classes, et de classe semble-t-on nous dire, que repose tout
le comique du film, comique de situation donc, en deçà de la satire (les
pauvres doivent naturellement déployer des trésors d’ingéniosité pour
talonner leurs amis riches et leur payer le champagne). Comique de
personnages également, avec un Michel Blanc qui s’octroie le pire rôle
(celui d’un jaloux pathologique) mais surjoue pour compenser. L’aspect
grivois reste le plus réussi (3 amies discutent de la possibilité, un
jour, d’avoir un orgasme masculin, juste pour voir; la moins fortunée dit
rêver d’un orgasme féminin, juste pour voir), mais l’on baigne dans la
caricature, voire pire, l’idéologie douteuse (le personnage d’origine
maghrébine est comme par hasard un escroc, le jeune amant de Dutronc
s’avère, ouf, être une fille androgyne, le spectateur se rince l’œil
devant les fesses de Lou Doillon et leur mini-short qui crèvent l’écran
…).
|