FEMME FATALE

Film franco-américain. 2001. 1h55. Réal & Sc : Brian De Palma. Prod : Tarak Ben Ammar, Marina Gefter. Im: Thierry Arbogast. Mont : Bill Pankow. Mus : Ryuichi Sakamoto. Avec : Rebecca Romijn Laura, Antonio Banderas, Peter Coyote.

Brian De Palma aime les films de genre : Carrie, Scarface, Mission impossible, l’ont montré. Après s’être égaré dans l’espace avec son précédent film, Mission to Mars, il s’attaque à l’archétype du film noir : la Femme fatale. A savoir un personnage de femme apparu au cinéma dans les années quarante (et dans le roman noir chez Dashiel Hammett dans les années 20) qui utilise sa sexualité pour manipuler les hommes et les mener à leur perte. Objet à la fois de fascination physique et de répulsion morale dont la mort préserve les bonnes mœurs et le couple traditionnel (homme fort et femme au foyer, à la séduction douce, maternelle, soumise). L’exemple le plus pur de la femme fatale se trouve dans le personnage de Phyllis Ditriechson (Barara Stanwyck), l’héroïne d’Assurance sur la mort de Billy Wilder.

Si nous avons bien chez De Palma une séductrice immorale et un homme séduit, le cinéaste choisit la facilité. Le personnage masculin interprété par Antonio Banderas est plus attachant que faible et sa virilité n’est remise en question que sur le mode de la parodie lorsque l’acteur se lance dans un numéro hilarant mais gratuit où il feint l’homosexualité. Quant au personnage féminin, certes l’actrice est très belle, mais De Balma ne dispose-t-il pas de moyens plus subtils que de l’habiller comme une prostituée et de la lancer dans un strip-tease pour le (dé)montrer ? Le diagnostic de voyeurisme entre la belle un brin exhibitionniste et le beau photographe est lui aussi lourdingue.

 

En contrepoids de ce scénario aux ficelles énormes, la mise en scène flotte dans les cintres et nous distrait gentiment. A l’image de cette première scène de vols de bijoux au festival de Cannes, séquence d’une virtuosité pure qui frôle le ridicule : entre la musique omniprésente, les images léchées et les actrices top modèles, on se croirait dans une publicité haut de gamme. Le reste du film est à l’avenant et ressemble à son héroïne : visuellement séduisant, un peu racoleur, très malin, et au fond assez peu intéressant. On se laisse embarquer sans déplaisir mais rien de fatal n’est ici en jeu.


Monique Pujol

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