
Etats-Unis, 2000. Prod, Réal, Im, Mus Monteith Mc Collum. Mont Ariana
Gerstein. Son Jim Moore. Documentaire. 1 h 42.

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Cocktail explosif d’images d’archives, de biopic,
de home movies et de cinéma expérimental, Hybrid est aussi
composite que son titre. On a la famille qu’on peut : McCollum a pour
grand-père Milford Beeghly, l’inventeur du maïs transgénique. Il l’a donc
filmé, pendant six ans, dans sa ferme d’Iowa, avec sa toute nouvelle femme
(épousée à 94 ans), entrecoupant les monologues du patriarche de films
publicitaires des années cinquante retrouvés, note le réalisateur, dans un
placard du grand-père à côté d’un flacon de « pilules de virilité ». Détail ?
En fait, le film explore de bout en bout la sexualité (la forme phallique des
épis n’y est pas pour rien): à la fois celle du centenaire et celle des
plantes qu’il a fait se croiser en secret dans les années 1930, à un moment
où l’hybridation relevait soit du canular, soit du péché. De fonds de tiroir
en secrets de famille, on comprend que le père de la « cross pollinization »
a été lui-même rendu transgénique par sa mère, qui l’a élevé comme une petite
fille jusqu’à l’âge de cinq ans! Les interludes d’animation, tournés par
McCollum dans sa salle de bains en exposant l’objectif pendant des jours pour
capter l’évolution des épis, et montés par la cinéaste expérimentale Ariana
Gerstein, mettent en scène un rituel de reproduction surréaliste. Même s’il
s’essouffle un peu après la première heure, ce portrait de famille déjanté
sidère par son originalité.
Charlotte Garson
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