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Frisant parfois le dossier documentaire truffé de larges extraits de textes – Bazin, Daney –, Eclats de rire a le mérite de tenir son fil directeur jusqu’au bout, à savoir la question du « vivre ensemble » telle qu’elle apparaît dans les représentations physiques du comique au cinéma et au théâtre. Constatant un « chassé croisé fulgurant entre Chaplin et Keaton » – « le premier est un individu marginalisé qui cherche à entrer dans une communauté […], le second veut devenir un individu que le poids des masses n’étouffe pas. » – Mongin généralise plus loin en retraçant l’évolution politique du comédien seul (Lloyd, Keaton, Chaplin…) au couple Laurel-Hardy uni contre les obligations familiales ou à la fratrie des Marx faisant bloc contre la puissance écrasante de l’argent : « le corps burlesque ne peut plus survivre seul ». Assimiler ainsi les postures des corps (rester droit pour Tati, par exemple) à des postures sociales tend parfois vers le schématisme, mais Eclats de rire questionne « ce lien incessant entre le haut et le bas qui irrigue les œuvres » avec une probité toute stendhalienne (le Stendhal de Racine et Shakespeare). Charlotte Garson Copyright Cinefeuille www.cinefeuille.org. Tous droits de reproduction même partiels réservés. |