|
|
||||||
|
Reprenons : western, car cest bien du fin fond de lAmérique que provient le fanatisme conservateur qui rend lavortement matériellement difficile. Rien de nouveau, certes. Mais western aussi car seuls contre " tous " (contre des communautés qui se mobilisent au jour le jour pour harceler patientes et médecins, contre les propriétaires même qui refusent de renouveler des baux, contre les Etats, contre des terroristes qui plastiquent les locaux ), les trois personnes du film deviennent presque des héros. Le critique américain Leo Braudy ne parlait-il pas de la " communauté insulaire, [toujours] sur la défensive " propre au western ? De fait, les médecins pratiquant les avortements deviennent, comme les vieux cow-boys solitaires qui devront finalement rallier la communauté villageoise, une espèce en voie de disparition. Film de genre enfin parce que, comme dans ces films où les conventions permettent une plus grande violence grâce à une mise à distance du spectateur, on pourrait dire ici que les conventions, ce sont précisément ce que nous savons déjà de la société américaine contemporaine, de son conservatisme. Dans ce contexte en effet, la surprise est que lon sétonne à peine de la violence dont témoigne ce film ! Larrivée au pouvoir de George Bush a ainsi un effet de vaccin sur la vision que le reste du monde porte à cet " hostile ground ", lAmérique profonde. Malgré lui donc, ce film, le premier long-métrage de deux documentaristes produit par Catherine Gund documentariste et universitaire très active politiquement risque hélas de voir sa portée politique singulièrement amortie en Europe. 1 . "The defensive island community", dans The World in a Frame. What We See in Films, Anchor Press/Doubleday, Garden City, NY, 1976, p. 118. Pour faire écho au titre du film, on serait ici tenté de traduire "defensive" par son faux contraire: hostile.Charlotte Garson Copyright Cinefeuille www.cinefeuille.org. Tous droits de reproduction même partiels réservés. |