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Les jumeaux deviennent vite au cours du film, pour le spectateur occidental, le couple-miroir auquel s’identifier, sans doute parce que ces deux frères, terrifiés près du mur des lamentations, « au milieu de tous ces religieux », avouent qu’ils « préférer[aient] visiter un village arabe ». La présence de B. Z. les fait s’interroger sur l’athéisme de leur propre famille, et on les voit acculant leur grand-père pris par surprise : « Ce n’est pas Dieu qui a créé Israël. Tu crois en Dieu, grand-père ? – Non, je… ». Mais le personnage-pivot de Promesses, c’est Faraj, le Palestinien qui soutient le Hamas et le Hezbollah et affirme d’abord ne pas vouloir rencontrer de Juifs, jusqu’à ce qu’il rencontre les autres enfants interviewés dans une scène où affleure le psychodrame mais où se pose en fait le nœud politique et déchirant du conflit israélo-palestinien dans son ensemble. Le montage fait s’alterner la lecture de la Bible, sorte d’acte de propriété que le jeune Juif orthodoxe invoque pour justifier la colonisation israélienne, et les actes de propriétés réels, datant du début des années 30, de la famille de Faraj, qui habite à présent dans un camp et ne visitera son village natal que pour voir la maison familiale en ruines dans un maquis désert. Les interventions du réalisateur/interviewer devant la caméra sont rares mais par ce fait même, assez fortes : ainsi lorsqu’il apprend à un petit Palestinien qui s’était fendu d’un « plus on tuera de juifs, moins y en aura… jusqu’à ce qu’il y en ait… presque plus ! », qu’il est juif lui-même, il se voit répondre « Non… Je parlais des vrais Juifs ! ». Il y aurait donc de multiples judéités, religieuse, politique nationale… B. Z., en maïeuticien de la DV, apprend peut-être à l’enfant l’essence même de la politique. Cette participation discrète mais ferme était sans doute la posture la plus intelligente à adopter dans ce reportage réalisé juste avant que les massacres ne reprennent de tous bords, et qui vaut par la durée de son tournage, comme un témoignage sur ce que veut dire grandir sans paix. Charlotte Garson Copyright Cinefeuille www.cinefeuille.org. Tous droits de reproduction même partiels réservés. |