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Le passage dun univers à lautre matérialise visuellement les trafics. Cest la circulation automobile (ou aéroportée pour ce qui concerne le juge) qui incarne la littéralité du trafic et le constitue en motif récurrent. La scène douverture est à cet égard emblématique puisquelle consiste en un ballet de véhicules en tous genres au cours duquel une cargaison de drogue change trois fois de mains : le désert mexicain frôle lembouteillage. Cest aussi le cas du poste frontière (filmé sur le mode documentaire, ce qui accentue le réalisme des files de voitures) où se croisent sans se voir, sans se connaître, Javier et Helena. Ce trafic autoroutier est aussi métaphorique : il figure lentrecroisement des fils narratifs, les liens parfois minuscules qui relient ces trois histoires les unes aux autres. Or si le film survit à son scénario tentaculaire, cest précisément parce que ses trois lignes narratives ne se recoupent que de façon anecdotique et quil tire sa véritable unité de sa mise en scène (et de sa photographie que Soderbergh a réalisée lui-même). Car cest au fond un désir cinéphile qui fait tenir le film et qui touche le spectateur et lon veut croire que ce nest pas pure coïncidence si le titre se fait lécho du Trafic de Jacques Tati (1971) et de la revue éponyme. Monique Pujol Lire aussi notre critique de L'Anglais et de Ocean's Eleven du même Steven Soderbergh.Copyright Cinefeuille www.cinefeuille.org. Tous droits de reproduction même partiels réservés. |